Une semaine dans la plaine des Maures


La réserve naturelle nationale de la plaine des Maures est une réserve située dans le département du Var. La plaine a une superficie de 13 000 ha et la réserve en couvre 5 300. Ce paysage unique en France est un maquis caractérisé par la présence de nombreuses dalles de grès, de ruisseaux temporaires, de 2 lacs, et de quelques étangs. Le pins parasol et le chêne-liège sont les essences les plus communes de la plaine.

Plaine des Maures (Est)
Plaine des Maures (Est)

Ce territoire est favorable à de nombreuses espèces typiques de la région provençale. C’est aussi l’un des rares endroits où il est possible d’observer à la fois la tortue d’Hermann (Tustudo hermanni) et la cistude d’Europe (Emys orbicularis).

Accompagné de mon père, nous avons eu l’occasion d’explorer cette réserve pendant une semaine. Les nuages avaient disparu et la chaleur était écrasante. Les 30 °C quotidiens et la faible humidité rendait quelques fois les excursions difficiles pour deux bretons. Nous avons été totalement dépaysés par le paysage et parfois avions même l’impression d’être en Afrique. Dès notre arrivée (après 7 heures de route), nous nous sommes empressés de photographier la faune environnante !

Plaine des Maures (Est)
Plaine des Maures (Est)

La tortue d’Hermann (Testudo hermanni)

La tortue d’Hermann fait partie des animaux les plus emblématiques de la plaine des Maures. En effet, cette tortue terrestre affectionne des habitats comme le maquis. Cette espèce très menacée s’observe dans le Var et en Corse.

Lors de nos excursions, nous avons eu l’occasion de croiser le chemin d’une dizaine de ces tortues. Le matin, nous les observions s’insoler en bordure de buisson. Le plus étonnant était leur rapidité. Lorsqu’elles étaient à découvert et qu’elles se sentaient menacées, les tortues marchaient « à vive allure » (pour une tortue) vers les broussailles les plus proches.

Avec les fortes chaleurs de juin (plus de 30 °C en journée), il était possible de les voir se baigner dans les ruisseaux. Encore plus surprenant, un individu s’est même empressé de s’immerger lorsqu’il nous a aperçus. Il a fini par ressortir de l’eau pour s’enfuir un peu plus loin.

La cistude d’Europe (Emys orbicularis)

La cistude d’Europe est une tortue parfaitement adaptée aux milieu aquatiques. Lors de nos excursions le long des ruisseaux temporaires, il n’était pas rare de voir une petite tête plonger ou une tortue s’insolant sur un rocher.

Cette espèce étant très craintive, au moindre mouvement de notre part, elle s’empressait de plonger dans l’eau…

Les coléoptères

Les coléoptères étaient plus nombreux sur les fleurs que les papillons. Nous avons pu observer pour la première fois la cicindèle hybride (Cicindela hybrida). Cet insecte aux mandibules monstrueuses s’envole dès qu’il se sent menacé. Nous avons fait preuve de patiente pour les photographier.

Les crapauds

Les excursions nocturnes étaient consacrées à la photographie des rainettes méridionales. Nous avons tout de même observé 3 autres espèces d’amphibiens. Les grenouilles vertes (Pelophylax sp.) étaient nombreuses dans les ruisseaux temporaires et chantaient de temps en temps. Certaines étaient très grandes et devaient appartenir à l’espèce Pelophylax ridibundus (grenouille rieuse).

En plaine journée, un minuscule crapaud se baladait au bord de l’eau. Il s’agissait d’un imago de crapaud calamite (Epidalea calamita). À peine plus gros qu’un ongle, il est possible de reconnaître cette espèce grâce à la présence d’une ligne dorsale claire.

C’était sur le chemin menant au ruisseau où j’observe les rainettes, que nous avons vu un crapaud de type commun (Bufo sp.). Ce petit bonhomme traversait une vigne et avait la peau rougeâtre.

La tarente et le psammodrome

La tarente de Maurétanie est une espèce de reptile très discrète et peureuse (pour les individus que j’ai observé du moins). Le jour, elle a une robe noire et la nuit elle se teinte de couleurs plus claires allant du beige au gris souris. Nous avons observé 2 individus, le premier non loin du pont romain et le deuxième dans un tas de taules.

Lorsqu’un petit lézard marron s’enfuyait dans les broussailles, il y avait de forte chance pour qu’il s’agisse du psammodrome d’Edwards (Psammodromus hispanicus). Nous avons eu l’occasion d’en photographier quelques spécimens et certains étaient peu craintifs. Il est reconnaissable à ses longues lignes jaunes qui bordent son corps et aux tâches en damier entre celles-ci.

Psammodromus hispanicus
Psammodromus hispanicus

Les odonates

Les zones humides sont diversifiées dans la plaine des Maures et permettent d’observer une multitude d’espèces d’odonates. Parmi elles : le trithémis annelé (Trithemis annulata) qui est un insecte magnifique. Le mâle adulte mature est coloré d’un pourpre vif et peut même être rosé. Nous n’avons pas eu la chance de voir un tel spécimen.

Les libellules

Nous avons photographié 3 espèces de libellules :

  • La libellule à quatre tâches (Libellula quadrimaculata)
  • La libellule déprimée (Libellula depressa)
  • La libellule fauve (Libellula fulva)

Les orthétrums

Ce sont 4 espèces d’orthétrums que nous avons observé. Une espèce m’était alors inconnue : l’orthétrum à stylets blancs (Orthetrum albistylum). Elle se caractérise par la présence d’appendices anaux blancs.

L’onychogomphe à pinces (Onychogomphus forcipatus)

Un drôle d’odonate sillonnait les berges des ruisseaux à la recherche d’une femelle. Les quelques fois où il se posait et nous laissait de nous approcher, on pouvait constater d’une pince démesurée à l’extrémité de son abdomen. Cet appendice permet au mâle de s’accrocher à la femelle pendant l’accouplement.

Le crocothémis écarlate (Crocothemis erythraea)

Le crocothémis écarlate (Crocothemis erythraea) est l’un des odonates les plus coloré de nos régions. Il est facilement reconnaissable à sa taille et à sa couleur rouge vif. Les crocothémis étaient nombreux au bord du lac des Escarcets et des autres étangs de la plaine des Maures.

L’aeschne isocèle (Aeshna isoceles)

C’est au bord d’un étang de pêche que j’observais ma première aeschne isocèle. Elle effectuait des allez-retours entre les massettes et de temps en temps se posait pour manger des insectes ou pour surveiller son territoire. Une aubaine pour moi qui n’avait plus qu’à attendre qu’elle se pose devant mon objectif photo. C’est ce qui la différencie d’un point de vue comportemental des autres aeschnes. En effet, les mâles de cette famille d’odonate volent le long des berges ou dans la ripisylve à la recherche de femelles, ils ne se posent que très rarement.

La rainette méridionale (Hyla meridionalis)

À la tombée de la nuit, quelques grondements raisonnaient dans la plaine. Je ne connaissais pas ce « chant », mais je savais bien qu’il s’agissait là d’amphibiens. Après quelques minutes à chercher l’auteur d’un de ces sons, je m’aperçois qu’il s’agit de mâles de rainette méridionale. C’est dans les massettes, au-dessus de l’eau qu’ils chantaient en coeur pour attirer les femelles.

Le plus surprenant avec les individus que j’ai observés, c’est qu’ils n’étaient absolument pas dérangés par ma présence. Contrairement à la rainette verte (Hyla arborea), les mâles éclairés par ma lampe frontale continuaient de chanter. Une femelle s’est même dévouée pour celui que je photographiai.

Autres animaux

La plaine des Maures abrite une grande biodiversité. Nous avons pu y observer un de mes insectes préféré : l’ascalaphe. Ce neuroptère a un vol très rapide et se pose régulièrement sur la végétation herbacée pour se chauffer au soleil.


La galerie

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